Aide au répit : soutenir les aidants

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Ils sont environ 11 millions à prendre soin chaque jour d'un proche âgé ou handicapé. 

La « Journée nationale des aidants » fixée chaque 6 octobre leur donne de la visibilité.

Si le besoin de répit des aidants a longtemps été ignoré, il est maintenant largement reconnu, pris en compte.

Les associations et les agences de service à la personne prennent le relais pour leur permettre de souffler, de quelques heures à plusieurs jours.

S’appuyer sur des aidants professionnel.le.s de l’aide à domicile pour personnes âgées ou en situation de handicap est une solution solide, structurée, sur le long terme. Evitant aux aidants familiaux l’impact sur leur propre santé physique et mentale d’une présence à plein temps. Et aux personnes aidés le placement en institution.

Les signaux d’alerte de l’épuisement de l’aidant familial sont la fatigue bien sûr, mais aussi les émotions négatives comme la colère, la tristesse ou l’irritabilité, le manque de patience vis-à-vis de la personne aidée.

Les auxiliaires de vie et les services sociaux peuvent repérer ces signaux lors de leurs interventions.

Les besoins des aidants proches sont divers : besoin de reconnaissance, d’aides concrètes (se décharger de certains tâches), de soutien psychologique, de temps pour soi.

Accepter le répit, sans attendre les situations d’urgence, permet d’une part d’éviter l’épuisement des aidants mais aussi d’améliorer leurs relations avec les personnes aidés.

 

Nadège Beliarde, directrice de l’agence AD Seniors Nantes , propose de l'aide au répit depuis 2015 :

Dans le cadre du maintien à domicile des personnes âgées ou en situation de handicap, nous soutenons aussi les aidants familiaux.

Il s’agit pour la majorité d’épouses ou d’époux d’une personne en perte d’autonomie, plus rarement de leurs enfants (lesquels, selon les cas, vivent avec le parent âgé ou viennent lui rendre visite quotidiennement.).

C’est dans le cadre de nos interventions chez la personne bénéficiaire de l’aide à domicile que nous repérons les signaux d’alerte : lorsque les aidants n’ont pas le temps de s’occuper de leurs propres besoins (comme un simple petit-déjeuner), ou quand ils manifestent de l’agressivité dû à leur épuisement.

Nous leur proposons alors de prendre du répit. Il est essentiel à mes yeux d’étendre la bienveillance et l’attention que nous avons pour nos bénéficiaires, à leurs aidants proches.

Eux-mêmes ne s’autorisent pas le repos, ils perçoivent souvent l’aide qu’ils apportent comme un devoir, et peuvent ressentir de la culpabilité à déléguer…ou peuvent craindre que nous ne fassions pas « aussi bien qu’eux ».

Notre rôle est de leur faire prendre conscience qu’ils doivent se ménager aussi pour pouvoir accompagner le plus longtemps possible.

À ce sujet, un constat est particulièrement parlant : les aidants familiaux décèdent en moyenne plus tôt que leurs concitoyens du même âge…et souvent avant la personne aidée !

 

Nous les aidons donc à prendre du temps pour eux, une bouffée d’air dont on peut dire qu’elle est non seulement nécessaire, mais vitale.

Selon les familles, le répit est d’un après-midi par semaine, ou de quelques heures tous les jours.

Que font les proches aidants lorsque nous prenons la relève auprès du bénéficiaire ? Ils font des courses ; sortent rencontrer des amis ; parfois même, tout simplement, ils s’isolent et prennent un livre : cet indispensable temps pour soi !

Et quelles prestations apportons-nous au bénéficiaire, en l’absence de l’aidant familial ?

Les aides de la vie quotidienne (aide à la toilette, au repas, au coucher pour une sieste…) mais elles ne sont pas les prestations principales.

Au programme, selon leurs envies : faire des activités de stimulation sensorielles et cognitives ; discuter et échanger, parfois en feuilletant un album photos ; lire le journal ; partager des jeux de société (avec une nette préférence chez nos bénéficiaires pour le Triomino !), cuisiner, effectuer une petite sortie à pied ou en fauteuil roulant, promener le chien en leur compagnie…

Finalement la bouffé d’air frais qu’apporte l’aide au répit concerne aussi bien l’aidant familial que le bénéficiaire !

Lorsque l’aidant s’absente plusieurs jours, nous programmons un accompagnement du bénéficiaire 24 h / 24 avec des intervenants qui se relaient jour et nuit afin que la personne ne soit jamais seule.

 

Toutes nos prestations se font en encourageant l’autonomie autant que possible : « faire avec » et non « à la place de ».

Cette approche bienveillante, nous l’avons aussi bien entendu dans l’accompagnement des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer …et de leurs proches.

 

Idées de lectures :

Aidants, ces invisibles du Docteur Hélène Rossinot.

Des vies (presque) ordinaires, paroles d’aidants, de Blandine Bricka